Je n'ai jamais cru aux journaux intimes. J'ai toujours trouvé cela un peu pathétique et narcissique. Je ne crois pas qu'on puisse régler nos problèmes ou juste vivre plus heureux si on raconte notre misérable vie dans un cahier, jour après jour.
Je vais tenter l'expérience, seulement mon journal sera, pour cette fois uniquement, ouvert au « public ». Lisez si vous voulez, laissez un commentaire si vous en sentez le besoin.
29 décembre 2008
Je suis de ce genre de personne qui tend vers la perfection. Non ... pas la perfection, mais plutôt que j'essaie toujours de m'améliorer. Je sais que la perfection est un idéal inatteignable, j'en suis consciente. Mais je déteste mes défauts, je déteste devoir m'excuser à cause d'eux.
Et à cause de cela, je suis devenue indépendante. Je ne demande plus rien à personne, car je me suis habituée à tout faire par moi-même. Non pas par égoïsme, mais plutôt parce que je suis sincèrement convaincue qu'il vaut mieux faire les choses nous-mêmes si on veut que ce soit bien fait. Trop petite? On prend une chaise. Trop faible pour ouvrir un pot? On s'en prive. Trop fatiguée pour accomplir une tâche? On ferme sa gueule et on endure. Comme un bon petit soldat.
J'ai aussi une autre vision de l'indépendance. C'est simple : je suis sans cesse en train de me trouver inutile. Étant inutile, personne n'a besoin de moi. Si personne n'a besoin de moi, je n'ai donc besoin de personne. Je n'ai pas à imposer ma personne à quiconque.
J'ai parfois l'air froide et timide. À vrai dire, j'ai seulement toujours l'impression de ne pas être à ma place. J'ai toujours peur de déranger, de dire un mot de trop. Ce qui fait que j'ai peur de m'attacher aux gens, d'être moi-même et d'accepter que je puisse faire des erreurs.
Et malgré le fait que je me dis heureuse en étant indépendante, il y a toujours de ces moments où, seule dans mon lit, j'ai comme un petit couteau dans le c½ur et une petite voix dans ma tête qui me dit sans cesse « tu n'es rien », tel un leitmotiv. Un serrement à la gorge, j'essaie de contenir mes larmes. Il n'y a que les faibles qui pleurent. Pleurer ne sert à rien, ça n'amène rien concrètement qu'un peu de sel sur les joues, un mal de tête et quelques mouchoirs.
Tu te dois de continuer à être ce bon petit soldat.