Une jeune femme finissait de ramasser les vêtements répandus sur le plancher de sa chambre lorsqu'on frappa à la porte d'entrée de son petit appartement. Elle jeta un regard à la sa chambre, satisfaite, et cria à son invité d'entrer.
L'homme s'avança dans la pièce, un sourire aux lèvres. Il attira la jeune femme dans ses bras, la tint contre elle un instant, savourant les effluves de son parfum qu'il aimait tant. Il ne pouvait malheureusement que la sentir et la tenir ainsi contre lui dans un geste amical. Il donnerait tout l'or du monde pour pouvoir lui montrer les sentiments qu'il avait pour elle, mais il ne pouvait pas. Il savait que ses sentiments n'étaient pas partagés, mais juste le fait de pouvoir la côtoyer était un immense bonheur.
Il rompit leur étreinte, un peu à contre-c½ur.
-Alors? Quel film as-tu choisi, cette fois, Ariane ? Tant que ce n'est pas un film à l'eau de rose..., dit-il en souriant.
-Heureusement pour toi, j'ai choisi un film d'action!, dit-elle en riant, et je suis sûre que tu ne seras pas déçu! J'ai choisi « La Guerre des Mondes ». Qu'en dis-tu, mon cher?
Son ami lui jeta un regard faussement désespéré.
-J'en dit qu'un de tes arguments pour l'avoir choisi se nomme Tom Cruise !
-Hum...tu me connais que trop bien, Sam!
Elle lui fit un clin d'½il et s'approcha du comptoir afin de servir pop-corn, chips et verres de boissons gazeuses.
-Tu ne te plaindras pas du service, cette fois!, dit-elle en lui montrant les plats et les nombreuses bouteilles de liqueur.
Ils s'installèrent sur le sofa, bien enveloppés dans une couette spécialement réservée pour les soirées cinéma de la jeune femme. Ils démarrèrent le film, et s'enfoncèrent dans le sofa, presque collés l'un à l'autre. Ariane n'avait pas l'air de se rendre compte de cette proximité, au bonheur de Samuel qui n'avait pas du tout l'intention de lui faire remarquer!
2 heures et quelques bols de chips plus tard, ils avaient enfin achevé le film. Ariane tourna un regard quelque peu endormi vers Samuel. Elle poussa un long bâillement, se massa doucement le cou et dit, dans un soupir, qu'elle aurait bien besoin d'aller voir sa chiropraticienne.
-Pourquoi? Tu as mal?, lui demanda Samuel, inquiet.
-J'ai mal dormi cette semaine, je me suis probablement déplacé une vertèbre ou un truc du genre, c'est rien de très grave.
Une partie de Samuel se contentait de cette réponse, mais une autre lui donnait envie d'ouvrir la bouche de dire :
-Je pourrais te masser, si tu veux.
Elle se tourna vers lui, un regard interrogateur sur le visage.
-Tu sais masser?
Il se mordit la langue et se gifla mentalement. Il l'avait vraiment dit? Quel con !
-Heu, ben on m'a déjà dit que j'avais des mains faites pour ça ..., dit-il, hésitant.
-Parfait! Tu es mon sauveur !
Elle se tourna dos à lui, juste à temps car le visage de son ami était passé du rose au cramoisi. Il s'avança un peu sur le sofa, et dans un élan de témérité il la prit par les épaules afin de l'approcher plus près de lui. On entendait dans la pièce que le souffle de leur respiration et le ronronnement du réfrigérateur.
Il déposa ses mains bouillantes sur la nuque d'Ariane, en essayant de contrôler le léger tremblement de ses mains. Il effectua quelques mouvements circulaires afin de réchauffer les muscles de son cou, puis fit des gestes de haut en bas, en essayant de trouver la source de sa tension. Il la trouva enfin, et pinça les lèvres lorsqu'il entendit Ariane pousser un petit gémissement de douleur.
-Aïe ! Tu as trouvé où j'ai mal, je crois !
-Ou..oui. Ça risque de faire très mal, mais après tu vas voir, ça va mieux aller.
Il réchauffa les muscles autour du n½ud de muscle, et exerça une pression dessus avec son pouce, en retenant l'épaule d'Ariane de son autre main. Elle ne disait rien, mais il pouvait deviner par la raideur de son corps qu'elle souffrait. Il approcha sa bouche près de son oreille et lui murmura que ça serait bientôt terminé. Effectivement, quelques secondes plus tard, il sentit le n½ud de muscle se défaire et il relâcha la pression. Ariane poussa un soupir de soulagement et était en train de se retourner lorsque Samuel, comme dans un rêve, la faisait se retourner en lui chuchotant :
-Je n'ai pas dit que j'avais terminé...
Il se rendit compte de ce qu'il faisait et se reprit rapidement.
-Je..je crois que tu as un autre n½ud ailleurs, laisse moi voir ...
Il recommença ses mouvements circulaires, maudissant sa rougeur qu'elle avait dû apercevoir. Il faisait mine de chercher un autre n½ud mais il savait pertinemment qu'il n'en avait pas d'autres. Il voulait seulement profiter de ce moment d'intimité, savourant pleinement la douceur et la chaleur de la peau d'Ariane sous ses doigts. Il l'a senti se détendre petit à petit, maintenant libérée de la tension qui oppressait ses mouvements. Il en profitait aussi pour pouvoir la contempler, enivré de son parfum. Son cou semblait si offert à sa bouche, qu'il lui était dur de résister. Il vit la veine de son cou palpiter, comme pour l'inviter à y poser ses lèvres. Sans qu'il s'en rende compte, son visage s'était approché d'elle, les mouvements de ses mains se faisaient plus langoureux, comme mû par une force qu'il ne pouvait contrôler.
Quelques secondes d'éternités passèrent, et enfin ses lèvres trouvèrent ce qu'elles cherchaient. Il posa un baiser si léger sur son cou qu'il en fut presque imperceptible. Ses dernières résistances lâchèrent, et il embrassait maintenant chaque parties de son cou qui lui étaient offertes. Ariane avait penché la tête sur le côté, les yeux fermés, la bouche légèrement entrouverte. Cette vue réveilla en lui un désir depuis si longtemps renié qu'il en devint incontrôlable. Il ôta les longs cheveux bruns d'Ariane de son cou, et caressa ses épaules d'un geste maintenant beaucoup plus qu'amical. Il eut peur d'aller trop loin, mais le mal était fait maintenant. Le souffle d'Ariane se faisait de plus en plus précipité, au fur et à mesure que les caresses de Samuel se faisait plus intenses.
Inconsciemment, elle était maintenant presque couchée sur lui, il en profita donc pour la déposer doucement à côté d'elle alors qu'il se penchait pour embrasser encore et encore ce cou invitant et enivrant. Ses baisers se faisaient plus précis, et montaient de plus en plus vers son visage. Il atteint son menton, et enfin ses lèvres. Une décharge de plaisir parcouru son corps lorsque leurs lèvres se rencontrèrent. Dieu qu'elles étaient parfaites! Il en savoura la douceur, la forme et le goût. Ses mains caressaient maintenant ses hanches et son dos. Il l'a sentait si près d'elle, si tiède et fragile. Il cessa ses caresses pour l'envelopper entre ses bras. Il posa sa tête dans son cou, le souffle court.
Une sonnerie stridente retentit.
Elle se fit de plus en plus insistante, et il ouvrit enfin les yeux ... pour se retrouver dans son lit, seul, pris d'une érection des plus phénoménales. Il fit cesser la sonnerie, poussa un soupir, et se leva.
C'en était assez. Ces rêves revenaient de plus en plus souvent, il fallait qu'il avoue enfin ses sentiments à Ariane ! Pourquoi ne pas louer « La Guerre des Mondes » ?