Les mots

Les mots
Il y a ceux qui ont un goût d'aventure
Et
d'autres aussi brûlants que de l'acide
D'autres qui peuvent panser nos blessures
Et
certains qui calment parfois les intrépides

I
ls sont employés de mille et une façons
On
les chuchote tantôt à l'oreille
Dou
x et sincères, ils promettent des merveilles
On
les hurle parfois à pleins poumons
E
n ayant soif de justice
Pour prouver qu'on est là, qu'on existe

Ces mots, parfois tendres, parfois sévères
Au
ront toujours leur place bien à eux
Et ne croyez pas pouvoir les apprivoiser
Ca
r on ne peut leur faire faire ce que l'on veut

~
Diane ~

# Posté le vendredi 17 octobre 2008 17:04

La longue route

La longue route
« Ta route sera longue.

Elle
te paraîtra si facile, à certains moments. Et tu sauras un jour qu'une canne ou un bout de bâton peut être utile parfois. Tu auras à franchir milles et une embûches, que tu verras passer avec une certaine fierté. Certaines te sembleront aux premiers abords tellement simples, et deviendront bien compliquées.

Tu rencontreras des gens, qui parfois resteront, ou partiront. Ils t'accompagneront tout au long de ta route, mais devront partir à un moment ou un autre.

Un
e seule personne sera toujours à tes côtés. Tu ne la verras peut-être pas toujours. Des fois, tu voudrais la chasser, tu voudrais qu'elle te laisse en paix. Elle te laissera tranquille, mais restera toujours tout près, prête à te soutenir si tu tombes.

Ce
tte personne sera à la fois douce et sévère. Malgré les blessures que tu lui infligeras, elle te sera toujours fidèle.

Cette personne,
tu pourras lui parler quand tu le voudras. Elle te donnera la main quand tu en auras besoin. Malheureusement, cette personne devra un jour te quitter, mais pas par choix »


Une fe
mme, seule dans sa chambre, caressait son ventre rebondi en chuchotant ces paroles. Des larmes tombaient de son visage pour couler sur ses doigts. Elle pleurait non pas de joie, ni de tristesse, mais d'amour. D'amour pour cette petite vie qui poussait dans son ventre.

Cette
petite vie qui s'apprête à parcourir la plus belle, mais la plus longue des routes : la vie.

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 22:01

Le massage

Le massage
Une jeune femme finissait de ramasser les vêtements répandus sur le plancher de sa chambre lorsqu'on frappa à la porte d'entrée de son petit appartement. Elle jeta un regard à la sa chambre, satisfaite, et cria à son invité d'entrer.

L'homme s'avança dans la pièce, un sourire aux lèvres. Il attira la jeune femme dans ses b
ras, la tint contre elle un instant, savourant les effluves de son parfum qu'il aimait tant. Il ne pouvait malheureusement que la sentir et la tenir ainsi contre lui dans un geste amical. Il donnerait tout l'or du monde pour pouvoir lui montrer les sentiments qu'il avait pour elle, mais il ne pouvait pas. Il savait que ses sentiments n'étaient pas partagés, mais juste le fait de pouvoir la côtoyer était un immense bonheur.

Il r
ompit leur étreinte, un peu à contre-c½ur.

-Alors? Quel film as-tu choisi, cette fois, Ariane ? Tant que ce
n'est pas un film à l'eau de rose..., dit-il en souriant.

-Heureusement pour toi, j'ai choisi un film d'act
ion!, dit-elle en riant, et je suis sûre que tu ne seras pas déçu! J'ai choisi « La Guerre des Mondes ». Qu'en dis-tu, mon cher?

Son ami lui jeta un regard faussement désespéré.

-J'en dit qu'un de tes arguments pou
r l'avoir choisi se nomme Tom Cruise !

-Hum...tu me connais que trop bien, Sam!

Elle lui fit un clin d'½il
et s'approcha du comptoir afin de servir pop-corn, chips et verres de boissons gazeuses.

-Tu ne te plaindr
as pas du service, cette fois!, dit-elle en lui montrant les plats et les nombreuses bouteilles de liqueur.

Ils s'installèrent sur le sofa, bien enveloppés dans une couette spécialement réservée pour les soirées ciné
ma de la jeune femme. Ils démarrèrent le film, et s'enfoncèrent dans le sofa, presque collés l'un à l'autre. Ariane n'avait pas l'air de se rendre compte de cette proximité, au bonheur de Samuel qui n'avait pas du tout l'intention de lui faire remarquer!

2 heures et quelques bols de chips plus tard, ils avaient enfin ache
vé le film. Ariane tourna un regard quelque peu endormi vers Samuel. Elle poussa un long bâillement, se massa doucement le cou et dit, dans un soupir, qu'elle aurait bien besoin d'aller voir sa chiropraticienne.

-Po
urquoi? Tu as mal?, lui demanda Samuel, inquiet.

-J'ai mal dormi cette semaine, je me suis probablement dép
lacé une vertèbre ou un truc du genre, c'est rien de très grave.

Une partie de Samuel se contentait de cett
e réponse, mais une autre lui donnait envie d'ouvrir la bouche de dire :

-Je pourrais te masser, si tu veux.

Elle se tourna v
ers lui, un regard interrogateur sur le visage.

-Tu sais mass
er?

Il se mordit la langue et se gifla mentalement. Il l'avait
vraiment dit? Quel con !

-Heu, ben on m'a déjà dit que j'avai
s des mains faites pour ça ..., dit-il, hésitant.

-Parfait! T
u es mon sauveur !

Elle se tourna dos à lui, juste à temps car
le visage de son ami était passé du rose au cramoisi. Il s'avança un peu sur le sofa, et dans un élan de témérité il la prit par les épaules afin de l'approcher plus près de lui. On entendait dans la pièce que le souffle de leur respiration et le ronronnement du réfrigérateur.

Il déposa ses mains bouillantes
sur la nuque d'Ariane, en essayant de contrôler le léger tremblement de ses mains. Il effectua quelques mouvements circulaires afin de réchauffer les muscles de son cou, puis fit des gestes de haut en bas, en essayant de trouver la source de sa tension. Il la trouva enfin, et pinça les lèvres lorsqu'il entendit Ariane pousser un petit gémissement de douleur.

-Aïe ! Tu as
trouvé où j'ai mal, je crois !

-Ou..oui. Ça risque de faire tr
ès mal, mais après tu vas voir, ça va mieux aller.

Il réchauff
a les muscles autour du n½ud de muscle, et exerça une pression dessus avec son pouce, en retenant l'épaule d'Ariane de son autre main. Elle ne disait rien, mais il pouvait deviner par la raideur de son corps qu'elle souffrait. Il approcha sa bouche près de son oreille et lui murmura que ça serait bientôt terminé. Effectivement, quelques secondes plus tard, il sentit le n½ud de muscle se défaire et il relâcha la pression. Ariane poussa un soupir de soulagement et était en train de se retourner lorsque Samuel, comme dans un rêve, la faisait se retourner en lui chuchotant :

-Je n'ai pas dit que j'avais terminé...

Il se
rendit compte de ce qu'il faisait et se reprit rapidement.

-J
e..je crois que tu as un autre n½ud ailleurs, laisse moi voir ...

Il recommença ses mouvements circulaires, maudissant sa ro
ugeur qu'elle avait dû apercevoir. Il faisait mine de chercher un autre n½ud mais il savait pertinemment qu'il n'en avait pas d'autres. Il voulait seulement profiter de ce moment d'intimité, savourant pleinement la douceur et la chaleur de la peau d'Ariane sous ses doigts. Il l'a senti se détendre petit à petit, maintenant libérée de la tension qui oppressait ses mouvements. Il en profitait aussi pour pouvoir la contempler, enivré de son parfum. Son cou semblait si offert à sa bouche, qu'il lui était dur de résister. Il vit la veine de son cou palpiter, comme pour l'inviter à y poser ses lèvres. Sans qu'il s'en rende compte, son visage s'était approché d'elle, les mouvements de ses mains se faisaient plus langoureux, comme mû par une force qu'il ne pouvait contrôler.

Quelques secondes d'étern
ités passèrent, et enfin ses lèvres trouvèrent ce qu'elles cherchaient. Il posa un baiser si léger sur son cou qu'il en fut presque imperceptible. Ses dernières résistances lâchèrent, et il embrassait maintenant chaque parties de son cou qui lui étaient offertes. Ariane avait penché la tête sur le côté, les yeux fermés, la bouche légèrement entrouverte. Cette vue réveilla en lui un désir depuis si longtemps renié qu'il en devint incontrôlable. Il ôta les longs cheveux bruns d'Ariane de son cou, et caressa ses épaules d'un geste maintenant beaucoup plus qu'amical. Il eut peur d'aller trop loin, mais le mal était fait maintenant. Le souffle d'Ariane se faisait de plus en plus précipité, au fur et à mesure que les caresses de Samuel se faisait plus intenses.

In
consciemment, elle était maintenant presque couchée sur lui, il en profita donc pour la déposer doucement à côté d'elle alors qu'il se penchait pour embrasser encore et encore ce cou invitant et enivrant. Ses baisers se faisaient plus précis, et montaient de plus en plus vers son visage. Il atteint son menton, et enfin ses lèvres. Une décharge de plaisir parcouru son corps lorsque leurs lèvres se rencontrèrent. Dieu qu'elles étaient parfaites! Il en savoura la douceur, la forme et le goût. Ses mains caressaient maintenant ses hanches et son dos. Il l'a sentait si près d'elle, si tiède et fragile. Il cessa ses caresses pour l'envelopper entre ses bras. Il posa sa tête dans son cou, le souffle court.

Une sonnerie stridente retentit.
Elle se fit de pl
us en plus insistante, et il ouvrit enfin les yeux ... pour se retrouver dans son lit, seul, pris d'une érection des plus phénoménales. Il fit cesser la sonnerie, poussa un soupir, et se leva.

C'en était assez. Ces
rêves revenaient de plus en plus souvent, il fallait qu'il avoue enfin ses sentiments à Ariane ! Pourquoi ne pas louer « La Guerre des Mondes » ?

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 21:49

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 17:38

Chère mer

Chère mer
Chère mer,

Nos récits racontent vos beautés, nos chansons chantent vos séduisants atours, mais malgré tout ces amoureux que vous attirez, mon c½ur souhaiterait que vous vous asséchiez. Il ne pourra oublier les pertes que vous avez causées. Vos mille secrets à demi dévoilés ont depuis toujours attiré à leur perte des aventuriers en quête de richesses et de nouvelles terres. Un d'entre eux ne pourra s'effacer de mon c½ur. Un d'entre eux que vous m'avez volé, à jamais emprisonné au sein de vos coraux et de vos algues, son corps recouvert de crustacés et de mollusques. Vos vagues meurtrières ont englouti son navire, l'entraînant dans vos froides entrailles.

Des semai
nes durant j'ai attendu son retour, du haut de la plus haute tour, au large de la péninsule. J'attendais, quand je su enfin la tragique nouvelle. C'en est assez. Ma peine a noyé mon c½ur, tout comme a été noyé mon seul amour. Je suis aussi vide qu'un coquillage déserté, l'espoir a quitté mon âme et il est m'est presque impossible de sourire. Mes yeux sont si secs d'avoir tant pleuré. Les étoiles qui y brillaient se sont à jamais éteintes.

J'
irai marcher ce soir sur la grève, puis je prendrai une petite barque afin de m'éloigner du rivage. Quand je ne pourrai voir sous moi que le noir de votre gouffre sans fin, je me laisserai tomber, et votre poison salé emplira mes poumons. Mon corps coulera telle une pierre, mais je ne serai qu'une victime de plus. Je serai enfin libre, et je pourrai enfin rejoindre mon amant perdu.

# Posté le mardi 21 octobre 2008 22:22

Inspiration

Inspiration
Ça bouille, ça grouille, ça démange. L'inspiration, c'est parfois comme une bête sauvage. Ça farfouille en dedans de nous, cherchant la moindre once de pensée à se mettre sous la dent. Ça rode silencieusement pour mieux nous surprendre. Ça dégouline par chaque pore de notre peau, cherchant à sortir à tout prix.

P
arfois, on aurait envie de garder cet animal en-dedans, par pudeur ou par simple plaisir, mais c'est la dernière chose à faire. On ne peut apprivoiser une telle bête, elle grognerait et grifferait. Ça deviendrait dangereux, car tôt ou tard, elle finirait par sortir, plus pleine qu'il n'en faut. Explosion atomique d'idées, volcan en ébullition, raz-de-marée qui se déverse sur une feuille de papier.

Puis
la bête finit par se calmer. On croit en être quitte, mais elle va revenir à l'assaut, peut-être plus sage, peut-être plus vorace. Mais comme le temps fait parfois bien les choses, on finit par mieux connaître cet animal qui sommeille en nous. On le capte comme la lumière, il devient le canal de nos idées. Il peut même devenir un allié, voire un ami. Ça nous soulage dans les moments de peine, ça rit avec nous des moments de joie.

Ça
tourne parfois à l'obsession, on ne peut plus rien faire d'autre qu'écrire, créer, calmer la bête qui gronde...

# Posté le mardi 21 octobre 2008 22:18